« Je suis belle, je suis fort »â€‹ đŸ™‹â€â™€ïžđŸ™‹đŸ»â€â™‚ïž L’illusion de la perfection sur les RĂ©seaux sociaux

Il n’y a qu’à ouvrir Instagram ou Facebook pour se rendre compte en quelques secondes de l’importance de l’Image dans notre vie. « Image » avec un grand I, aussi grand que l’Ă©go qui lui est associĂ© et qui dicte ses lois, impose ses critĂšres et soumet chaque jour un peu plus d’adeptes Ă  son influence. Les corps, les maisons, les amis, les plats… Tout est beau ou doit l’ĂȘtre ! L’Image se doit d’ĂȘtre belle, parfaite, inspirante. Elle doit prouver notre succĂšs, notre grandeur, la perfection de nos vies. Mais tout ceci ne serait-il pas souvent une grande illusion ? đŸ€” Et qui est le plus trompĂ© par l’illusion ? L’utilisateur lui-mĂȘme qui, Ă  force de publier des bribes de vie mises en scĂšne, se perd dans ses propres histoires ? Ou son audience, qui tient pour vrai ce qu’elle regarde, sans en remettre en question le contenu ? 

Image toute puissante  

Quoi de plus facile que donner l’illusion d’une vie palpitante par une mise en scĂšne rondement menĂ©e ? Un angle de vue bien choisi, un environnement Ă©tudiĂ©, un beau sourire et hop ! Le tour est jouĂ© ! Ce « perfectionnisme numĂ©rique » n’est pas sans consĂ©quences. Sentiment d’exclusion, de comparaison… Une sorte de pression s’installe au fur et Ă  mesure que cette course a celui-qui-aura-la-plus-belle-vie se dĂ©roule.
Le pouvoir d’illusion est grand. « Tout va bien, je suis compĂ©tent, j’ai une vie parfaite, je maĂźtrise tout, je n’ai peur de rien… ». 
Je participe moi-aussi Ă  ce petit jeu, lorsque pendant mes voyages je m’attache Ă  prendre de jolies photos, en choisissant soigneusement l’angle de vue. Pas moyen de trouver sur mon fil Instagram une photo de moi avec des poches sous les yeux en mode panda (alors que c’est probablement ainsi accompagnĂ©s de jolies cernes que je passe 80% de mon temps). MĂȘme si j’essaie de me montrer naturelle et dĂ©complexĂ©e de mes imperfections, je suis tout de mĂȘme soumise Ă  ce dĂ©sir de perfection qui anime chacun d’entre nous. 
Mais au final, Ă  quoi cela sert-il ? À qui devons-nous prouver que tout va toujours bien dans le meilleur des mondes ? Parce qu’Ă©videmment, ce n’est pas toujours le cas. 

Prendre la photo parfaite  

J’Ă©tais au restaurant avec des amis il y a quelques jours et j’ai Ă©tĂ© interpellĂ©e par une scĂšne Ă  la table d’Ă -cĂŽtĂ©. J’ai observĂ© ça du coin de l’oeil et j’espĂšre ne pas avoir gloussĂ©, mais j’ai un doute…
Un petit groupe de copines a mis environ 15 minutes Ă  prendre une photo d’elles trois en selfie. Elles ont du prendre une dizaine de photos et un dĂ©bat s’engageait entre chaque prise : « Non mais regarde ma tĂȘte ! J’ai un double menton, on la refait ! ON LA REFAIT JE TE DIS ! ». L’objectif de cette mise en scĂšne : paraĂźtre complices, spontanĂ©es, naturelles, parfaites… Or, aucun de ces ingrĂ©dients n’Ă©tait vraiment au rendez-vous ! Aucune spontanĂ©itĂ©, aucun naturel. Des tensions entre elles Ă©taient mĂȘme palpables, lorsque l’une Ă©tait lassĂ©e de devoir refaire la photo alors qu’elle se trouvait jolie sur la derniĂšre prise. 
Parce que ce n’est pas la premiĂšre fois que je la vois, j’ai trouvĂ© cette scĂšne triste. Pour quelques vues sur leur profil Instagram, elles sont complĂštement passĂ©es Ă  cĂŽtĂ© du vrai moment, de leur dĂ©jeuner entre copines. Elles ont sacrifiĂ© la rĂ©alitĂ© au profit du virtuel.
« Regarde comme je passe un moment fun… (Alors qu’en fait je me prends le chou avec mes copines !)« 
Elles ont voulu duper leur communautĂ© en leur faisait croire que le moment qu’elles vivaient Ă©tait gĂ©nial, alors qu’elles Ă©taient juste en train de se crĂȘper le chignon depuis un quart d’heure, oubliant mĂȘme de commander leurs plats. 
Ce jour-lĂ , j’ai pris la mesure de la diffĂ©rence entre ĂȘtre et paraĂźtre.
Prendre la photo parfaite  
Jusqu’oĂč notre dĂ©sir de perfection peut-il nous mener ? Il est, de plus, paralysant pour beaucoup de gens qui, sensibles Ă  cette notion de perfection, n’osent plus, brident leurs idĂ©es sous peine de ne pas les voir par-fai-te-ment exĂ©cutĂ©es. À vouloir s’exposer toujours plus sous l’angle de la perfection, on s’éloigne un peu plus de soi-mĂȘme et de la capacitĂ© Ă  mener rĂ©ellement la vie que l’on veut, creusant un peu plus l’écart entre nos attentes et la rĂ©alitĂ©. 
Sous prĂ©texte que tout doit ĂȘtre nickel chrome, on ne passe pas Ă  l’action, en oubliant que rien ne peut jamais ĂȘtre parfait. Ne vaut-il pas mieux une audace imparfaite qu’une parfaite inaction ? Osons, bougeons, soyons un peu ridicule s’il le faut mais au moins on avance et on fait. Remettre un peu d’imperfection et surtout d’authenticitĂ© dans nos vies ne ferait pas de mal. On se trompe en croyant que les gens attendent de nous d’ĂȘtre parfait. Les gens attendent de nous d’ĂȘtre nous-mĂȘme.
Plus que la perfection, illusoire, je pense que l’heure est Ă  l’authenticitĂ©. La beautĂ© des petites choses imparfaites est tellement plus touchante, plus vibrante ! Alors, juste, soyons 🙂 

Marion CHAULOUX, Dirigeante de Dynamo Néocom 

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